STATUTS
(au 18 mars 2017)
ARTICLE 1 : PRÉAMBULE
La "Biennale de la langue française" a été fondée par Alain GUILLERMOU le 14 mai 1963 et déclarée au Journal officiel du 23 mai 1963, page 4728, sous le nom de "Société des amis du français universel". Elle a pris son nouveau nom par décision de l'Assemblée générale du 4 mai 1991, déclarée à la Préfecture de police de Paris le 25 juin 1991 et publiée au Journal officiel du 31 juillet 1991, page 2016.
La "Biennale de la langue française" a été constituée et continue d'exister sous la forme d'une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et du décret du 16 août 1901.
Les présents statuts annulent et remplacent les précédents statuts déposés au Bureau des associations de la Préfecture de police de Paris, le 26 juillet 1994, les modifications concernant l'objet et le siège social ayant été publiées au Journal officiel "Associations" du 24 août 1994, page 3505.
ARTICLE 2 : OBJET
L'association a pour but d'aider et de soutenir l'ensemble des personnes, notamment les professeurs de français, et des organismes qui, à travers le monde, oeuvrent pour le maintien des qualités propres et de l'unité de la langue française dans sa diversité et dans la diversité des cultures qu'elle véhicule ou est appelée à véhiculer.
Les moyens employés à cette fin sont principalement l'organisation d'un congrès, chaque année impaire, dans un pays francophone ou non, suivi d'un compte rendu intégral publié sous la forme d'un volume d'Actes et, accessoirement, l'organisation de conférences ou de "journées" en France ou hors de France, la publication d'un bulletin, le partenariat avec des organismes publics ou privés poursuivant le même but, et toute autre action appropriée.
ARTICLE 3 : SIÈGE SOCIAL
Le siège social est fixé à Paris IIe arrondissement, 23 rue Greneta. Il peut être transféré par simple décision du Conseil d'administration, la ratification par l'Assemblée générale la plus proche étant toutefois nécessaire.
ARTICLE 4 : COMPOSITION
L'association se compose de : a) membres d'honneur; b) membres bienfaiteurs; c) membres actifs ou adhérents.
ARTICLE 5 : ADMISSION
Pour faire partie de l'association, il faut en faire la demande par écrit auprès du président. A chacune de ses réunions, le Bureau statue sur les demandes d'admission présentées.
ARTICLE 6 : LES MEMBRES
Les membres peuvent être des personnes physiques ou morales (organismes, associations, …). Sont membres d'honneur ceux qui ont rendu des services éminents à l'association ou dont la notoriété rehausse le prestige et le rayonnement de l'association; ils sont dispensés de cotisation.
Sont membres bienfaiteurs ceux qui versent une cotisation fixée chaque année par le Conseil d'administration.
Sont membres actifs ceux qui versent une cotisation fixée chaque année par le Conseil d'administration.
ARTICLE 7 : RESSOURCES
Les ressources de l'association comprennent :
1) les cotisations de ses membres;
2) les subventions accordées par les collectivités publiques ou privées qui s'intéressent à ses activités;
3) plus généralement, toutes les recettes dont elle peut légalement disposer.
ARTICLE 8 : CONSEIL D'ADMINISTRATION
L'association est administrée par un Conseil de vingt et un membres, élu pour trois ans par l'Assemblée générale et renouvelable par tiers tous les ans. Les membres sont rééligibles. Le Conseil d'administration choisit parmi ses membres, au scrutin secret, un Bureau composé de :
1) un président;
2) un ou plusieurs vice-présidents;
3) un secrétaire général et, s'il y a lieu, un secrétaire général adjoint;
4) un trésorier et , si besoin est, un trésorier adjoint;
Les membres du Bureau sont élus pour un an. Ils sont rééligibles.
En cas de vacance, le Conseil pourvoit provisoirement au remplacement de ses membres. Il est procédé à leur remplacement définitif lors de l'Assemblée générale suivante. Les pouvoirs des membres ainsi élus prennent fin à l'époque où devait normalement expirer le mandat des membres remplacés.
Le président convoque les Assemblées générales et le Bureau. Il représente l'Association dans tous les actes de la vie civile et est investi de tous pouvoirs à cet effet. Il a notamment qualité pour ester en justice, sous réserve d'en référer à la plus prochaine réunion du Bureau, au nom de l'Association, tant en demande qu'en défense, former tous appels ou pourvois et consentir toutes transactions.
Il préside toutes les Assemblées. En cas d'empêchement, il est remplacé par le vice-président le plus ancien.
ARTICLE 9 : RÉUNION DU CONSEIL D'ADMINISTRATION
Le Conseil d'administration se réunit deux fois au moins par an, sur convocation du président ou à la demande du quart de ses membres.
Les décisions sont prises à la majorité des voix; en cas de partage, la voix du président est prépondérante.
Tout membre du Conseil qui, sans excuse, n'aura pas assisté à trois réunions consécutives, pourra être considéré comme démissionnaire.
Nul ne peut faire partie du Conseil s'il n'est pas majeur.
Les membres du Conseil d'administration ne peuvent recevoir aucune rétribution à raison des fonctions qui leur sont confiées. Des remboursements de frais sur justificatifs sont seuls possibles, sous réserve d'avoir été engagés avec l'accord préalable du président et du trésorier ou du secrétaire général.
ARTICLE 10 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
L'Assemblée générale ordinaire comprend tous les membres de l'association à quelque titre qu'ils y soient affiliés. L'Assemblée générale ordinaire se réunit chaque année.
Quinze jours au moins avant la date fixée, les membres de l'Association sont convoqués par les soins du secrétaire général mandaté par le président. L'ordre du jour est indiqué sur les convocations. Tout adhérent a le droit de demander l'inscription d'un sujet à l'ordre du jour sous réserve d'en faire la demande suffisamment tôt pour que ce sujet puisse être mentionné dans la convocation.
Le président, assisté des membres du Bureau, préside l'Assemblée et expose la situation morale de l'association.
Le trésorier rend compte de sa gestion et soumet le bilan à l'approbation de l'Assemblée.
Ne devront être traités que les sujets mis à l'ordre du jour.
Les membres empêchés d'assister personnellement à l'Assemblée peuvent se faire représenter par un autre membre de l'association. Le mandat donné pour une Assemblée vaut pour l'Assemblée convoquée avec le même ordre du jour.
Au début de chaque Assemblée, il est établi une feuille de présence émargée par tous les présents agissant tant en leur nom personnel que comme mandataires de membres empêchés. La feuille de présence, avec, en annexe, les pouvoirs délivrés aux mandataires, est définitivement arrêtée par le Bureau. Dûment signée, elle est annexée au procès-verbal de l'Assemblée générale.
Les décisions de l'Assemblée générale ordinaire sont prises à la majorité simple des membres présents et représentés.
ARTICLE 11 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE
Si besoin est, ou à la demande de plus de la moitié des adhérents à jour de leur cotisation, le président peut convoquer une Assemblée générale extraordinaire, suivant les modalités prévues à l'article 11.
Elle est compétente en matière de révision des statuts et de dissolution de l'association.
ARTICLE 12 : RÈGLEMENT INTÉRIEUR
Un règlement intérieur peut être établi par le Conseil d'administration qui le fait alors approuver par l'Assemblée générale. Ce règlement éventuel est destiné à fixer les divers points non prévus par les statuts, notamment ceux qui ont trait à l'administration de l'association.
ARTICLE 13 : DISSOLUTION
En cas de dissolution prononcée par les deux tiers au moins des membres présents et représentés à l'Assemblée générale, un ou plusieurs liquidateurs sont nommés par celle-ci, et l'actif, s'il y a lieu, est dévolu à un organisme poursuivant les mêmes buts que l'association.
TRENTE BIENNALES
DE LA LANGUE FRANÇAISE
NAMUR 1965
QUÉBEC 1967
LIÈGE 1969
MENTON 1971
DAKAR 1973
ECHTERNACH 1975
MONCTON 1977
JERSEY 1979
LAUSANNE-AOSTE 1981
LISBONNE 1983
TOURS 1985
MARRAKECH 1987
QUÉBEC 1989
LAFAYETTE 1991
AVIGNON 1993
BUCAREST 1995
NEUCHÂTEL 1997
OUAGADOUGOU 1999
OTTAWA-HULL 2001
LA ROCHELLE 2003
BRUXELLES 2005
DAKAR 2007
SOFIA 2009
TALLINN 2011
BORDEAUX 2013
CLUJ-NAPOCCA 2015
PARIS 2017
CHICAGO 2019
BERLIN 2021 (tenue en 2022)
VILLERS-COTTERETS / PARIS 2025
HISTOIRE DES QUINZE PREMIERES BIENNALES
par Alain Guillermou Président fondateur
La Biennale de la langue française a pris naissance le jour où le signataire de ces lignes, alors secrétaire général de l'Office du vocabulaire français, créé quelques années plus tôt, convia pour une réunion de travail les représentants des organismes voués à la sauvegarde de la langue française dans les divers pays francophones du monde. Cette réunion se tint en mars 1964. La décision fut prise de créer une association internationale sous le titre de "Fédération du français universel".
Il fut entendu que l'adjectif "universel" recevrait l'acception qu'il a dans les formules de types "Alliance israélite universelle" ou "École universelle", c'est-à-dire qui "concerne la totalité d'un groupe", ce groupe étant formé, en l'occurrence, par l'ensemble des personnes qui, à travers le monde, détiennent ce commun patrimoine linguistique, le français. On pouvait craindre que ledit adjectif valût à la jeune institution le reproche de verser dans un certain "rivarolisme". En vérité la Fédération pallia d'emblée ce risque en manifestant, au départ, qu'elle avait un seul but : assumer la sauvegarde du meilleur français possible, écrit et parlé par le plus grand nombre possible de francophones.
Le nouvel organisme n'avait pas à superposer son action à celles que menaient, dans leurs pays respectifs, les groupements fédérés. On lui assigna simplement la tâche de mettre sur pied des congrès périodiques.
Le premier se tint à Namur en 1965. C'est à cette occasion que l'un des congressistes, venu du Canada, lança l'exclamation restée fameuse : "Ce congrès, voilà deux cents ans que nous l'attendions!".
En vérité, non seulement les Canadiens prenaient pour la première fois contact, depuis la séparation de 1763, avec la communauté linguistique francophone de l'ancien monde, mais encore, pour la première fois dans l'histoire de notre langue, un grand nombre de représentants des pays où le français est langue maternelle, nationale ou officielle - et singulièrement des délégués de l'Afrique noire francophone - se trouvaient conviés à des assises que le regretté Jacques Duron baptisa d'une très heureuse formule : "Les états généraux de la langue française". À l'issue du congrès de Namur, les participants prirent, unanimement, la décision de se retrouver deux ans plus tard pour de nouvelles assises. Cette décision scella l'existence de la Biennale comme institution durable.
Le lieu choisi pour le deuxième rassemblement fut Québec en 1967, dans les amphithéâtres et les résidences de l'université Laval.
Lors de la séance de clôture, deux annonces d'une grande importance furent faites : celle de la création de la Fédération internationale des professeurs de français, dont les initiateurs étaient MM. Louis Philippart et André Reboullet, celle aussi du Conseil international de la langue française. (Le C.I.L.F. dont le fondateur est Alain Guillermou)
La troisième biennale se tint à Liège, en 1969, et traita particulièrement du langage scientifique et médical.
La quatrième, à Menton, en 1971, fut consacrée surtout au problème du "français langue des affaires".
En 1973, sous le titre : "Le français, langue sans frontières", parut en un volume le compte rendu des quatre premiers congrès.
Le cinquième congrès, tenu à Dakar, en 1973, fut l'objet à lui seul d'un ouvrage, ainsi que le seront les biennales ultérieures. À Dakar, le thème de la biennale fut : "Le français hors de France". Des thèmes secondaires y furent traités : "L'enrichissement de la langue et de la littérature françaises par les apports africains et malgaches" et "L'enseignement du français langue seconde et langue étrangère". Le président Léopold Sédar Senghor voulut bien donner à cette biennale un éclat exceptionnel.
En 1975, la biennale eut pour thème général : "Le français langue internationale". Elle se tint à Echternach, petite ville pittoresque du Luxembourg, qui fut choisie justement à cause du privilège dont jouit le Grand Duché d'être le siège de nombreux organismes européens. Un événement marqua la biennale : pour la première fois fut réalisée, au Luxembourg, une liaison transatlantique avec la Banque de terminologie de Montréal. Celle-ci fut interrogée au sujet d'un certain nombre d'anglicismes et fournit presque immédiatement des équivalents de bon aloi.
La biennale de 1977 tint ses assises à Moncton, dans le Nouveau-Brunswick, au Canada. Le thème général était : "Langue française et identité culturelle". Ce thème était le plus capable de susciter des débats brûlants. Définir ce qu'est l'identité culturelle n'était pas inutile, avant d'étudier les relations entre la langue et la culture dans divers pays de la francophonie. Ici encore deux thèmes secondaires étaient prévus : "Le français langue du tourisme" et "La langue française et les jeunes". Un concours international avait été organisé, dans de nombreux pays du monde francophone et non francophone, à l'intention des adolescents. Ils avaient à composer une dissertation sur le sujet : "Le français et moi". Les trois lauréats, invités à Moncton, lurent leur texte devant l'assemblée. Ils venaient de Haute-Volta (appelé Burkina depuis 1984), de Corée du Sud et de France. Une enquête approfondie avait aussi été lancée sous la forme d'un questionnaire, auquel près de 4000 élèves de classes de français du monde entier avaient répondu. La biennale de Moncton se tint dans les locaux de l'Université, grâce à M. le recteur Jean Cadieux. Les Acadiens de Moncton et du Nouveau-Brunswick voulurent bien considérer comme un événement important ce rassemblement sur leur territoire d'un si grand nombre de représentants de la francophonie. Ils purent constater que le "fait acadien" devenait l'objet d'une prise de conscience de plus en plus nette chez les congressistes et ils furent assurés que, par l'intermédiaire de ces derniers, seraient mieux connus à travers le monde les problèmes que pose la survie du français dans les provinces maritimes du Canada. À la suite du congrès de Moncton, deux volumes furent publiés, l'un contenant les exposés des orateurs, l'autre les résultats du concours et des enquêtes organisés par Jeanne Ogée auprès des jeunes sur le thème choisi : "Le français et moi".
La huitième biennale, en 1979, aurait dû se tenir à Tunis. Malheureusement les événements qui allaient ensanglanter le Proche-Orient se faisaient pressentir et Tunis, comme Paris, virent soudain d'un mauvais oeil qu'un rassemblement aussi important de francophones se tînt dans une ville devenue le siège de la ville arabe. L'île de Jersey fut choisie comme lieu de remplacement. Possession britannique, Jersey a deux langues officielles : l'anglais et le français. Le thème principal de ce huitième congrès se présentait sous la forme d'une interrogation : "Une langue française ou des langues françaises?". Deux thèmes secondaires étaient prévus, l'un relatif au problème de la traduction, l'autre relatif au langage de la chanson française. Cette fois encore, un concours international avait été organisé. Les jeunes avaient eu à composer - musique et paroles - une chanson inspirée de la formule "Je chante en français". Les cinq jeunes finalistes, de l'enseignement secondaire, représentaient le Canada (l'Acadie), l'Afrique (le Rwanda), l'Europe (l'Angleterre, la Belgique, la France). Ils vinrent à Jersey concourir devant les biennalistes.
La neuvième biennale fut itinérante. Elle se tint à l'automne de 1981, en Suisse d'abord, puis en Vallée d'Aoste (Italie). Les congressistes prirent un grand intérêt à l'exposé des thèmes relatifs à l'essor du français dans la région autonome que constitue la Vallée d'Aoste. Trois thèmes furent traités - dont le premier servit de titre à l'ensemble de la biennale - : "Qualité de la langue, qualité de la vie", "L'ordinateur, trait d'union de la francophonie", "La presse d'entreprise et la langue française" . Le deuxième thème fut illustré par un dialogue qui s'établit entre un "terminal" installé dans la salle des séances et la Banque de terminologie du Canada. L'expérience faite, pour la première fois dans l'histoire, au Luxembourg se trouva ainsi renouvelée.
La dixième biennale a tenu ses assises en novembre 1983 à Lisbonne. Le titre de la biennale : "Le français, langue de communication" fut illustré par trois thèmes : "Le point sur les pédagogies du français", "Langue française et télématique", "Unité et diversité langagières dans les littératures du monde francophone". Par ce dernier thème, le problème essentiel était de nouveau à l'étude : comment lutter contre le danger d'opacité interne qui menace la francophonie. Car la transparence réciproque est le bien suprême de toute communauté langagière, surtout s'agissant d'une communauté comme est celle de langue française qui groupe des éléments relativement réduits en nombre face à la grande masse de la communauté anglophone. C'est à Lisbonne que fut évoquée l'union nécessaire des peuples qui parlent des langues issues du latin. L'appartenance à cette immense communauté des langues romanes offre à notre langue une chance en même temps qu'elle lui impose des devoirs, à savoir oeuvrer à la diffusion de ses langues-soeurs.
Pour son vingtième anniversaire, la Biennale (la onzième) revint dans son berceau français, la Touraine. L'année 1985 était propice aux souvenirs : Grégoire de Tours, Rabelais, Ronsard, Balzac... C'est de Tours aussi que partit Marie Guyart pour le Canada, où elle assura, en marge des activités liées à sa vocation, le maintien de la langue française.
La biennale de Tours mise sous le signe des "Jeunes, avenir du français", vit une dizaine d'entre eux, de divers pays, francophones de souche ou d'occasion, parler du français "en l'an 2000" et "de l'an 2000". Les autres thèmes abordés : "le rôle du français dans le développement d'un pays", "la lutte contre l'analphabétisme" et "la place choisie à donner à la magie d'une langue : la poésie", retinrent la vive attention du public.
La douzième biennale, qui se tint à Marrakech en 1987, fit la part belle "aux techniques" et au défi qu'elles lancent à la langue française. Celle-ci n'est du reste pas seule en cause. Les langues en général abordent une crise qu'elles doivent affronter, la menace de l'extinction ou la perte de leur identité, crise due à la communication universelle. Pour le français et les langues romanes, d'où peut venir l'aide essentielle? Est-elle à chercher du côté des langues anciennes qui les ont fait naître et peuvent encore être un recours? Tels ont été les thèmes de réflexion proposés aux congressistes. Parmi les communications, très brillante et riche fut celle de Madame Jacqueline de Romilly, apôtre de l'enseignement du grec et du latin, qui, à quelque temps de là, devait entrer à l'Académie française.
La treizième biennale, à Québec en 1989, eut ceci de particulier qu'elle fut organisée, sur place, par trois personnes qui prirent la responsabilité de recruter quelque 35 orateurs canadiens, MM. Alain Landry, Pierre-Étienne Laporte et Pierre Martel. De ce côté-ci de l'Atlantique furent d'autre part recrutés un vingtaine d'orateurs européens et africains. Le résultat de ces efforts fut un congrès remarquablement riche, dont le thème général "Exprimer la modernité en français" fut traité dans divers "ateliers" : "Décider en français", "Travailler en français", "Se former en français", "Communiquer en français", "Créer en français", "Se regrouper en français". Programme panoramique, si l'on peut dire, signé par près de quatre-vingts orateurs!
Pour la quatrième fois, la Biennale de la langue française tint ses assises sur le continent américain, à Lafayette en 1991. Le titre du congrès mérite l'épithète d'"agressif", que l'on donne, dans le langage des affaires, à un agent efficace : "En lutte pour l'avenir du français". Justement c'est sur le territoire où les Cajuns ont tant lutté pour maintenir en vie leur langue que se sont tenues les quatorzièmes assises de la Biennale. Elles ont été vouées d'abord à "l'enseignement, clef de voûte de la francophonie" et aussi à "l'Action langagière", action sans laquelle tous les débats, conférences et colloques de toutes sortes tombent sous la grinçante apostrophe d'Eugène Ionesco : "Assez d'actes, des mots!". Un grand projet a été évoqué : la composition d'un Dictionnaire panfrancophone. Puissent les moyens modernes dont dispose l'informatique permettre l'édification d'un pareil monument.
La quinzième biennale devait se tenir à Alexandrie mais les événements qui ont bouleversé le Proche-Orient ont rendu impossible, au grand regret des organisateurs, la tenue de nos assises dans la ville du Phare et de la grande Bibliothèque. Mais le choix d'Avignon ne fut pas le moins du monde un pis-aller. Tous les congressistes ont gardé de la cité des Papes, haut lieu du célèbre festival, un souvenir très précieux. Le thème retenu était tout bref : "Les mots", avec les subdivisions que voici : "Les mots pour travailler", "Les mots pour se comprendre" et aussi "Les mots pour rire". Le congrès s'est amusé, dira-t-on. Oui; mais à la faveur d'exposés de haut niveau. Un événement a marqué cette quinzième biennale : la passation des pouvoirs entre l'ancien et le nouveau président, Roland Eluerd. Il fit ses premières armes à la biennale suivante, qui furent victorieuses, assurément.
La seizième biennale se tint à Bucarest, capitale d'un pays qui mérite le titre de "francophone" - aussi bien est-il invité aux "Sommets de la francophonie" - à cause du nombre encore considérable d'habitants qui parlent notre langue et de la place que celle-ci tient dans l'enseignement. Les liens entre la France et la Roumanie sont anciens. L'élite du pays, à l'époque de l'Europe française, était imprégnée de culture française. C'est notre langue que l'on parlait à la Cour des princes moldaves ou valaques et c'est en France que ceux-ci envoyaient leurs fils faire leurs études. Plus récemment, Napoléon III joua un grand rôle dans l'accession des principautés roumaines à l'indépendance. Et, depuis, les liaisons d'amitié entre les deux pays n'ont jamais cessé.
Le thème choisi par le nouveau Président était marqué, on s'en apercevra, du signe de l'actualité et révélait de sa part, si l'on peut dire, un "fluide" étonnant : "Les autoroutes de l'information". La formule pouvait surprendre alors et même ne rien signifier pour beaucoup. Or, s'il est un problème devenu en peu de temps d'une extrême importance, du point de vue de la culture mondiale et aussi de la langue française, c'est bien celui que pose l'extension, à l'échelle de la planète, des réseaux du type "Internet".À noter que l'on célébra, à Bucarest, le trentième anniversaire de la création de la Biennale. Trente ans, seize congrès, des centaines d'orateurs et des milliers de participants.... Un regard jeté sur le passé ne peut qu'apporter du réconfort et donner aux dirigeants, M. Roland Eluerd, président, Mme Jeanne Ogée, promue vice-présidente, et M. Gildas Ogée, secrétaire général, l'énergie nécessaire pour continuer l'entreprise.
Telle est, rapidement parcourue, l'histoire de la Biennale de la langue française, depuis sa fondation en 1965 jusqu'à son seizième congrès en 1995. On peut se demander d'où vient la solidité de cette institution, promise sans aucun doute à la durée. Peut-être la raison principale est-elle à rechercher dans le caractère particulier qui l'a marquée dès ses débuts : une biennale n'est pas un colloque de société savante ni non plus un rassemblement comme en organisent des amicales de tout genre. Cependant, les orateurs sont d'une haute compétence et, dans le même temps, les auditeurs qui viennent fidèlement les écouter sont unis par des liens d'amitié. Ces "états généraux" de la langue française prennent l'aspect de retrouvailles.
À l'amitié entre participants - qu'ils soient à la tribune ou dans la salle - s'ajoute un commun sentiment d'oeuvrer pour la sauvegarde et l'unité de la langue française.
D'oeuvrer, le verbe est à sa place. Ces congrès ne sont pas restés sans résonance ni efficacité. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner d'une part les voeux qui ont été émis à l'issue de chacun d'entre eux et de considérer d'autre part les initiatives diverses qui ont été prises par des organismes publics ou privés à la suite des biennales. Il n'est pas téméraire ni présomptueux de tirer la locution "à la suite" vers le sens de "à cause de".
Autre raison - et, tout ensemble, signe - de l'importance qu'a prise l'institution : la faveur que lui dispensent les divers gouvernements des pays francophones.
Autre signe encore, le patronage qu'ont accordé à la Biennale d'éminentes personnalités. Deux présidents d'honneur se sont succédé : M. Maurice Genevoix, secrétaire perpétuel de l'Académie française et, aujourd'hui, M. le président Léopold Sédar Senghor, de l'Académie française.
La série des volumes déjà publiés par la Biennale (cf. les Actes, Index) offre une vue d'ensemble périodique des problèmes qui se posent à la francophonie et des solutions que suggèrent tour à tour des experts à la compétence assurée. Les historiens, plus tard, ne sauront négliger cette mine de renseignements, où nul aspect essentiel du devenir de la langue française n'aura été tenu à l'écart et cela, depuis Namur et pendant trente ans.
Rien ne laisse prévoir que la série s'arrête un jour.
Biennale de la langue française
Association fondée par Alain Guillermou (1963)
BULLETIN D'ADHÉSION
NOM................................................................PRÉNOM………................…………........................
Date de naissance .............................................
ADRESSE......................................................................................…….....................................………
TÉL (fixe)................................................................................(mobile)………………………………….
COURRIEL...............................................................................................................................................
PROFESSION OU FONCTION.................................................................................................................
J'adhère (ou je renouvelle mon adhésion) à la Biennale de la langue française. Je vous adresse ci-joint ma cotisation 2025 de :
[ ] 40 euros (membre individuel)
[ ] 60 euros (couple ou personne morale)
[ ] 80 euros (membre bienfaiteur)
[ ] 20 euros (étudiant, sur justificatif)
B.L.F.: 146 rue de Paris, 94 220 Charenton le Pont FRANCE
Secrétaire générale Leila SASSI
Vous pouvez payer en Euros exclusivement
soit par carte bancaire via notre compte HelloAsso en copiant le lien ci-dessous :
soit par virement au compte tenu par le CRÉDIT COOPERATIF, au nom de "Biennale de la langue française"
Références bancaires :
IBAN : FR76 4255 9100 0008 0042 5852 816
BIC : CCOPFRPPXXX
Conseil d'administration
(au 13 avril 2025)
Bureau
Présidente : Cheryl TOMAN, professeure de français / docteur en français, département de Langues et de Littératures Modernes à l'Université d'Alabama (ÉTATS-UNIS)
Vice-présidente : Line SOMMANT, docteur en linguistique, professeur associée à l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle, fondatrice des Dicos d'or, consultante-partenaire à la CEGOS (FRANCE)
Vice-président : Roland ELUERD, agrégé de l'Université, docteur d'État ès lettres, professeur honoraire au Lycée militaire de Saint-Cyr, ancien maître de conférences à l'E.N.A., membre de la Société de linguistique de Paris (FRANCE)
Secrétaire générale : Asmaa Leila SASSI, docteur, enseignante-chercheure à l'Université de Relizane (ALGERIE)
Trésorière : Charlote SANPERE, professeur, Département de Langues et Littératures modernes, Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio (Etats-Unis)
Trésrière adjointe : Liliane SOUSSAN, professeur de lettres (FRANCE)
Membres
Lilas AL-DAKR, docteur en littérature comparée, Université de Pétra, Amman (JORDANIE)
Marie-Laure CASENAVE-DECHEIX, magistrat (FRANCE)
Ousmane DIAO, docteur en sciences du langage, Université Cheikh Anta Diop, Dakar (SÉNÉGAL)
Karen FERREIRA-MEYERS, Associate Professor et coordinatrice des programmes de linguistique et de lettres modernes, University of Eswatini, (ESWATINI, Afrique australe)
Claire-Anne MAGNÈS, rédactrice en chef de Francophonie vivante de 1989 à 2005, ancienne présidente de la Fondation Charles Plisnier, critique littéraire, chroniqueuse de langue, Corroy-le-Grand (BELGIQUE).
Nicolas MATHIEU, professeur des universités, histoire romaine, Université de Grenoble, président de la régionale d'Ile-de-France de l'Association des professeurs d'histoire-géographie (FRANCE)
Ridha MEZGHANI, avocat à la Cour de Cassation, président honoraire de l'IDEF, ancien professeur à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis (TUNISIE).
Patrick Armand OUADIABANTOU, docteur en langue et stylistique françaises, enseignant chercheur à l'université MARIEN NGOUABI, (RÉPUBLIQUE DU CONGO)
Kerline PAUL, vice-présidente de l'assocation socioculturelle franco-haïtienne Bamboch Lakay, Paris (FRANCE)
Mohamed TAÏFI, professeur au Virginia Military Institute, Lexington (États-Unis), professeur à l'Université de Fez, membre du conseil associatif de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF), Fez (MAROC).
Alain VUILLEMIN, professeur émérite de l'Université d'Artois, président de la section Val de Marne de l'AMOPA, Vincennes (FRANCE).
COMITÉ D'HONNEUR
Présidents d'honneur, membres de l'Académie française :
Maurice GENEVOIX (1964 - 1979)
Léopold Sédar SENGHOR (1979 - 2002)
Jacqueline de ROMILLY (2002-2010)
Vice-présidente d'honneur
Jeanne OGEE (1922-2020)
professeur à l'Ecole de haut enseignement commercial pour les jeunes filles (HECJF), ancienne vice-présidente de la Biennale de la langue française
Membres
M. Jacques DE DECKER, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique
M. Stoyan ATANASSOV, professeur à l'université Saint-Clément d'Ohrid, Sofia
Marcel BEAUX, ancien ambassadeur, vice-président d'honneur de l'Association francophone d'amitié et de liaison (AFAL)
Blaise CREVOISIER, économiste, Fichier français de Berne (Suisse)
Jean-Jacques de DARDEL, ambassadeur de Suisse en Belgique et auprès de l'OTAN
Robert DUBUC, terminologue en chef honoraire à la Banque de terminologie de l'Université de Montréal, Comité linguistique de Radio Canada
Roland ELUERD, président de la Biennale de la langue française de 1993 à 2016
Jean-R. GUION, président de l’Alliance francophone internationale, président du Conseil international de solidarité avec le Burkina Faso
Alain LANDRY, directeur général de la Fondation Baxter & Alma Ricard, ancien vice-président de la Biennale de la langue française, Ottawa (Canada)
Andrei MAGHERU, ancien ministre, ambassadeur de Roumanie à l'UNESCO, Paris
Norman MOYER, ancien sous-ministre adjoint, Affaires publiques et communications, Ministère du patrimoine canadien, ancien vice-président de la Biennale de la langue française, Gatineau (Canada)
Gildas OGEE, ancien secrétaire général et trésorier de la Biennale de la langue française
Amadou Lamine SALL, président de la Maison africaine de la poésie internationale (MAPI), Dakar
Moustapha TAMBADOU, premier conseiller du ministre de la Culture du Sénégal
Anciens membres
Pierre AGRON, président du Comité d'étude des termes techniques français
Willy BAL, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique
Henri BERGERON, animateur de Radio Canada
Jean BUREL, directeur adjoint de la Documentation française auprès du Secrétariat général du gouvernement
Jean CADIEUX, recteur honoraire de l'Université de Moncton (N.B., Canada)
M. le professeur Maurice CARA, de l'Académie nationaleÂÂ de médecine
Xavier DENIAU, maître des requêtes honoraire au Conseil d'Etat, ancien ministre, ancien député, président d'honneur de l'Association francophone d'amitié et de liaison (AFAL)
Philippe DESJARDINS, fondateur du Comité linguistique de Radio Canada
Albert DOPPAGNE, professeur à l'Université d'Anvers, professeur à l'Université libre de Bruxelles, écrivain
Georges DURAND, vice-président de l'Association nationale France-Canada, vice-président du Comité d'étude des termes médicaux français
Robert LONGCHAMP, directeur honoraire à l'Institut national de recherches agronomiques, chef du département de malherbologie, ancien trésorier de la Biennale de la langue française
Charles MULLER, professeur honoraire à l'Université de Strasbourg vice-président du Conseil international de la langue française
Pierre MURITH, membre de la direction du Fichier français de Berne (Suisse)
Marcel PARÉ, directeur de la Banque de terminologie de l'Université de Montréal (Canada)
Gilbert PICARD, ancien réalisateur au service des émissions culturelles de Radio Canada
Jean-Charles SOURNIA, de l'Académie nationale de médecine
Yvonne WEISS, présidente honoraire du Club de la Grammaire, Genève (Suisse)
Membres à titre posthume
Alain BROHEZ, commissaire général adjoint au tourisme, ministère de la région wallonne, président de l'Association des Journalistes Périodiques belges et étrangers
Pierre DECHEIX, président de chambre à la cour d'appel de Paris, membre de l'académie internationale de droit linguistique, secrétaire général de l'Institut international de droit d'expression et d'inspiration françaises (IDEF)
Joseph HANSE, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, président du Conseil international de la langue française (CILF)
Maurice PIRON, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique
Rabah CHIBANE, Inspecteur de l’éducation et de la formation, Annaba (Algérie), administrateur de la Biennale de la langue française
Robert CORNEVIN, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences d'outremer, président de l'Association des écrivains de langue française (ADELF)
Mme Yolande COUDERC, secrétaire générale de la Biennale de la langue française
Mme Colette VOUILLAC-ELUERD, comptable chef de mission honoraire, trésorière de la Biennale de la langue française
Jean-Marie LAURENCE, chef du service linguistique de Radio Canada
Jacques POHL, professeur à l'Université libre de Bruxelles (Belgique)
Michel TÉTU, président-directeur général de l'Année francophone internationale, professeur à l'Université Laval, Québec (CANADA), administrateur de la Biennale de la langue française
Auguste VIATTE, président de Culture française, correspondant de l'Institut de France





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